Voulant voir si l'Ecole était bien digne d'elle,
La Gloire un jour du ciel descendit à Saint-Cyr,
On l'y connaissait bien,
Ce fut avec plaisir que tous les Saint-Cyriens reçurent l'Immortelle.

Après trois jours de fête, avant de repartir,
La Gloire voulant à tous laisser un souvenir,
Fixa sur leur shakos des plumes de son aile.

Ils portèrent longtemps ce plumet radieux,
Mais un soir de combat, près de fermer les yeux,
Un Saint-Cyrien mourant le mit sur sa blessure
Afin de lui donner le baptême du sang.

Et depuis nous portons admirable parure,
Sur nos shakos bleus le plumet rouge et blanc.

Elève-Officier ROLLIN
Promotion Sud-Oranais (1902-1904)
Tombé au champ d'honneur en 1915

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;

Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

Rudyard KIPLING

"La jeunesse n‛est pas une période de la vie, elle est un état d‛esprit, un effet de la volonté, une qualité de l‛imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l‛aventure sur l‛amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d‛années: on devient vieux parce qu‛on a déserté un idéal. Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l‛âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui lentement nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s‛étonne, qui s‛émerveille. Il demande comme l‛enfant insatiable: “et après?”. Il défie les événements et trouve la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.

Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l‛homme et de l‛infini. Si un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard."

Samuel ULLMAN, repris par le Général MAC ARTHUR.



Ayez une âme, on en réclame.
De mornes jeunes gens aux grimaces de vieux,
Se sont, après un temps de veulerie infâme,
Aperçus que n'avoir pas d'âme, c'est horriblement ennuyeux.

Balayer cet ennui, ce sera votre tâche,
Empanachez-vous donc, ne soyez pas émus
Si la blague moderne, avec son rire lâche,
Vient vous dire que le Panache
A cette heure n'existe plus.

Il est vrai qu'il va mal avec notre costume,
Que devant la laideur des chapeaux londoniens,
Le Panache indigné s'est enfui dans la brume,
En laissant sa dernière plume
Au Casoar des Saint-Cyriens !

Il a fui ! Mais malgré les rires pleins de bave,
Qui de toute beauté furent les assassins,
Le Panache est toujours pour les yeux clairs et braves
Aussi distinct au front des braves
Que l'auréole au front des Saints !

On peut faire sonner le talon des aïeux,
Même sur des trottoirs modernes et paisibles,
Et les éperons invisibles
Sont ceux-là qui tintent le mieux !

Monsieur de Bergerac est mort, je le regrette.
Ceux qui l'imiteraient seraient originaux.

C'est la grâce aujourd'hui qu'à tous je vous souhaite :
Soyez de petits Cyrano.

Edmond ROSTAND

"Le courage est le vent qui nous porte vers les rivages les plus lointains; c'est la clef de tous les trésors, le marteau qui forge les plus vastes empires, le bouclier sans lequel la civilisation ne saurait perdurer.

Le courage, c'est l'enjeu illimité de sa propre personne, c'est l'assaut que l'idée livre à la matière sans se soucier des conséquences. Etre courageux, c'est être prêt à se faire crucifier, c'est affirmer, même dans le dernier soupir, l'idée dont on vivait et pour laquelle on meurt.

Maudit soit le temps qui méprise le courage et les hommes courageux."

Ernst JÜNGER

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